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La
maison d'Antioche est un organisme qui réuni toute sorte
de source écrite et visuelle afin d'etablir une base de donnée
concernant l'histoire de la ville d'Antioche et de sa région.
Cette base de donnée sera mise a la disposition de chaque
interéressé par les moyens modernes (Web, CD, disquettes,
etc.) désirant connaître l'histoire de la ville d'Antioche,
de sa région et des domaines liés a l'histoire de
cette ville.
Son
objectif est de réaliser des publications individuelles ou
collectives sur l'histoire d'Antioche et de sa région, d'organiser
des conférences, des expositions et diverses rencontres qui
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pour but de faire connaître l'histoire d'Antioche au public.
Mais aussi de publier une revue mensuelle d'information culturelle
autour d'Antioche et de sa région et une revue semestrielle
de contenance scientifique concernant aussi l'histoire de la ville
d'Antioche.
Antioche
fut, après Jérusalem, le premier grand centre urbain où s'est installé
le mouvement chrétien.
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Antioche
ville eternelle est un projet inauguré il
y a 4 ans dans le but d'englober une série
d'évenements et de rencontres culturelles
autour du sujet "Peuple oublié d'Antioche".
Le texte suivant est un extrait d'une des conférences
organisées dans le cadre d'Antioche ville
éternelle.
Notre objectif est d'informer par ce moyen les chercheurs
qui souhaites suivre l'actualité du centre
"La Maison d'Antioche".
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L'Église d'Antioche, une des plus anciennes Églises du
monde, fut fondée dès avant 40 de notre ère par les apôtres
Paul et Barnabé. Le message évangélique parti de Jérusalem
ne tarda pas à rayonner sur toute la Syrie et la Palestine.
Avant la conversion de Paul, nous trouvons à Damas une
communauté de fidèles assez importante. Son chef, Ananie,
considéré par la tradition comme premier évêque de Damas,
reçoit Paul dans l'Église après sa vision aux abords de
la ville. Antioche abrite déjà une fervente communauté
de fidèles et un groupe d'anciens quand Paul s'y présente.
Antioche est le port d'attache de saint Paul lors de ses
périples et c'est à Antioche que les disciples furent
pour la première fois appelés chrétiens (Actes 11, 26).
Le livre des Actes atteste aussi la présence de communautés
chrétiennes dans les villes de la côte qui accueillent
Paul, Tyr et Ptolémaïs (Actes 21, 3-7), Sidon (Actes 27,
4). La christianisation de la Syrie est déjà très avancée
au IIe siècle.
L'un des plus grand théologien de l'Église à cette époque
fut Saint Ignace évêque de l'Église d'Antioche.
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Les
empereurs de la dynastie syrienne, Caracalla (211-217),
Elagabal (218-222) et Alexandre Sévère (222-235)
sont marqués par le christianisme et favorisent
sa diffusion. Les impératrices Julia Mammaea et
Sévèrina furent en contact suivi avec les Chrétiens.
Alexandre Sévère voulut même élever un temple à
Jésus-Christ et le faire admettre au rang des dieux.
Philippe l'Arabe, (244-249), originaire de Philippopolis,
au sud de Damas, est considéré par Saint Jérôme
comme " le premier empereur chrétien ". |
Saint
Babylas, évêque martyr d'Antioche, l'aurait arrêté au
seuil de l'Église parce qu'il avait accédé au trône par
un coup d'État sanglant. L'évêque d'Antioche était considéré
comme un personnage important. La reine Zénobie, reine
de Palmyre, intrigua pour placer à la tête de l'Église
d'Antioche un de ses favoris, Paul de Samosate, qui troubla
l'Église par ses doctrines christologiques. Les Chrétiens,
grâce aux longues périodes d'accalmie, purent s'organiser
et construire des églises. La plus vieille dont on conserve
des vestiges est celle de Doura Europos sur l'Euphrate,
en Syrie. Elle date du milieu du IIIe siècle. À Antioche
Constantin en particulier, bâtit en 331, la magnifique
église octogonale, " l'église dorée ", comme on l'appelait,
qui n'avait point sa pareille dans tout l'Empire romain.
En dehors de ces périodes, les persécutions officielles
firent de nombreux martyrs en Syrie, notamment sous Septime
Sévère, Maximin, Dèce et Dioclétien qui n'arrêtèrent pas
le progrès du christianisme. La période qui suit la paix
de l'Église fut marquée par un réveil presque immédiat
de la langue et de la littérature syriaque. Au milieu
du IVe siècle, Antioche faisait figure de ville chrétienne
et les temples païens étaient progressivement désertés
avant d'êtres détruits. Un grand effort d'évangélisation
acheva de christianiser les campagnes dans le courant
des Ve et VIe siècles, de même que les tribus arabes infiltrées
en Syrie. Celle qu'on peut donc appeler le berceau du
christianisme était la troisième des grandes cités de
l'Empire romain.
Les Chrétiens de Syrie et de Palestine jouèrent un rôle
de premier plan dans l'Antiquité et laissèrent à l'Église
universelle un riche patrimoine architectural, liturgique,
spirituel et théologique. Entre les diverses régions de
l'Empire romain d'Orient, Antioche présente, entre le
IVe et le VIe siècle, une importance et un intérêt tout
particuliers.
C'était
une ville riche, peuplée ; Des industries florissantes
y étaient établies ; On y entretenait des relations
actives, d'une part avec tous les pays méditerranéens,
la Sicile et l'Afrique, les rivages de l'Adriatique
et la Gaule, de l'autre, avec l'intérieur du continent
asiatique, la Perse, l'Asie centrale, l'Inde et
la Chine même. Le mouvement intellectuel n'y était
pas moins considérable.
L'école d'Antioche où l'on enseignait la rhétorique
était célèbre dans tout l'Orient. La multitude d'écrivains
illustres, ecclésiastiques ou profanes, que vit
naître la ville d'Antioche, atteste suffisamment
le goût qu'on y avait des choses de l'esprit. |
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Saint-Jean Chrysostome né à Antioche, et élève du grand
rhéteur antiochien Libanios, était profondément touché
par le génie grec et par la culture sémitique (syrienne)
qui est porteur d'une indubitable richesse. Utilisant
une méthode originale, et se basant sur l'antinomie de
la condescendance et de la theôria du Dieu toujours de
l'au-delà, il a pu interpréter les Écritures les faisant
accessibles à tout homme. À côté de lui, il ne faut pas
oublier certainement les autres grands antiochiens qui
ont marqué par leur intelligence et leur dévotion l'histoire
de l'Église universelle : Le fondateur de l'École exégétique
d'Antioche Lucien, et ses plus grands représentants Apollinaire
de Laodicée, Théodoret de Cyr, Diodore de Tarse, Théodore
de Mopsueste...
Enfin les gens de cette région avaient une ardeur passionnée
pour tout ce qui touchait à la religion. Leur dévotion
était grande, leur fanatisme souvent intolérant.
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Nulle
part les querelles théologique n'ont excité plus
d'attention, allumé plus de haines ; Toute l'histoire
de la ville au Ve et au VIe siècle tourne autour
des luttes du nestorianisme et du monophysisme.
Nulle part non plus l'ascétisme n'a trouvé un terrain
plus propice. Un ascétisme original inventé par
Saint Siméon le Stylite sur des colonnes (stèles),
parfois de 30 mètres de hauteur. |
Malgré la profonde influence exercée par la culture grecque,
malgré la longue durée de la domination romaine, cette
ville était toujours fort particulariste. Assurément,
Antioche était devenue assez vite une des capitales de
l'hellénisme, à ce point que, dans cette ville, le christianisme
eut bien de la peine à déraciner pleinement tous les vestiges
païens. Mais sous ce vernis d'hellénisme, persistaient,
surtout dans les campagnes, les traits caractéristiques
de la race sémitique, si profondément imprégnés dans les
âmes que le christianisme syrien en prit un aspect tout
spécial. Les grandes hérésies, en effet, pour lesquelles
la province se passionna, ne sont pas autre chose que
des manifestations de cette humeur séparatiste que les
populations syriennes étaient heureuses de montrer en
toute occasion, qu'une réaction contre l'esprit hellénique
que représentait Constantinople.
Or,
le triomphe du christianisme, naturellement hostile
à la culture classique et païenne, ne fit en mettant
celle-ci en échec que développer ces tendances nationales.
Pendant la domination arabe musulmane, de nombreux
fidèles quittèrent la Syrie avec les troupes byzantines.
La plupart cependant restèrent sur place et conservèrent
une liberté restreinte qui leur permit de se maintenir
malgré les pressions sociales et politiques qui,
peu à peu, effritèrent leurs effectifs. Les Melkites
perdirent la situation privilégiée qu'ils avaient
sous le régime byzantin. Le régime arabe fixa les
divisions chrétiennes et reconnut les divers groupes
comme autant de communautés à régime législatif
autonome.
Les Melkites furent même défavorisés par rapport
aux autres Chrétiens en raison de leurs liens avec
Constantinople. Les patriarches d'Antioche ne purent
résider de nouveau dans leurs sièges qu'au début
du VIIIe siècle. |
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Bien
qu'affaibli et peu libre dans ses activités, le patriarche
d'Antioche continua à jouer un rôle assez important dans
la vie de l'Église. Malgré les grandes difficultés, rencontrés
pendant la période de la domination arabe, l'Église d'Antioche
connut une floraison littéraire remarquable du VIIe au
IXe siècle. Signalons seulement le nom éminent de Saint
Jean Damascène qui, après avoir servi la Cour ommeyade
de Damas, se retira au monastère de Saint Sabas, près
de Jérusalem et composa, outre de nombreuses hymnes et
une défense des saintes icônes, une somme théologique
qui résume la vraie foi Orthodoxe.
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Cette
littérature influença fortement le monde byzantin
et passa en partie dans la tradition latine. Fidèle
à la tradition, à l'ouverture et à l'ensemble de
la catholicité, l'Église d'Antioche s'adapta à sa
nouvelle situation comme au milieu arabo-musulman.
Elle ne tarda pas à s'arabiser. Les fidèles perdant
peu à peu l'usage du Grec, on traduisit en arabe
l'Écriture Sainte,la
liturgie, les Pères de l'Église et les récits hagiographique.
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Le
syriaque se maintint dans la pratique liturgique encore
plusieurs siècles. Les auteurs melkites participèrent
avec les autres Chrétiens à la tâche de faire passer en
arabe l'essentiel de la littérature philosophique et scientifique
des Grecs. Ils ne furent pas de simples traducteurs, car
beaucoup étaient de véritables savants et composèrent
des œuvres originales. Ils amorcèrent aussi un dialogue
religieux avec l'Islam. Des écrits en langue arabe présentèrent
la foi et la défendirent dans un langage accessible aux
Musulmans.
Durant cette période, l'Église d'Antioche vit se réduire
de moitié le nombre de ses diocèses et de ses fidèles.
Le groupe maronite se détacha de l'Église pendant la crise
monothélite du VIIe siècle. Il se constitua dans les montagnes
du Nord Liban en patriarcat indépendant. La conquête arabe
établit une frontière au Nord entre les Melkites et le
monde byzantin. Elle supprima par contre la frontière
orientale avec l'ancien Empire perse.
L'Église d'Antioche s'étendit alors à l'Est dans la région
de Bagdad et au Nord-est de l'Iran. Ces régions étaient
déjà habitées par les anciens déportés du temps des guerres
romano-perses et elles se développèrent suffisamment pour
apporter une organisation ecclésiastique et la création
d'un catholicosat melkite dépendant du patriarcat d'Antioche.
Le patriarche d'Antioche étendait aussi sa juridiction
sur la Géorgie.
Les
patriarches étaient choisis parmi le clergé autochtone
et très souvent, on élisait des laïcs probes et
savants, fonctionnaires de l'État (Kateb). Ils
étaient loyaux envers le pouvoir arabe qui assurait
leur protection.
Plus
d'une fois, les patriarches furent mandatés pour
servir d'intermédiaire entre les califes et les
empereurs byzantins. Ce statut n'était pas toujours
sans danger. Les patriarches d'Antioche gardèrent
des relations directes sporadiques avec les autres
patriarches (surtout avec les sièges de Rome et
de Constantinople). Leur position devint très
délicate lors de l'occupation de la Syrie du Nord
par les Byzantins puis par les Francs.
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A suivre dans le prochain numéro...
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